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Dumas

Dumas a présenté son album Traces juste avant Noël, véritable aboutissement d’une séance de création en studio qui a duré un an. De cette faste période sont nés quatre albums « préparatoires », Nord, Rouge, Demain et Au bout du monde, offerts en édition limitée au public et qui ont permis de financer Traces. Une démarche artistique inusitée, jamais vue au Québec, et pour le moins audacieuse à l’heure où plusieurs artistes s’installent dans le confort des albums de reprises et de duos. On discute de tout ça avec Dumas, au moment où il s’apprête à monter sur scène avec ses cinq albums sous le bras.

Biographie :

Source Québec info musique

Si la production discographique 2009 de Dumas n'est pas encore homologuée au Guiness, elle n'en est pas moins étonnante et sans précédent connu (que quiconque pouvant dire mieux nous en informe sur le champ!). Le processus menant à "Traces" a en effet été parsemé, sur une période d'un an ou un peu moins, de la parution de quatre autres albums, à tirage limité mais de facture professionnelle et audacieuse.

Et dire qu'il y a dix ans, seuls quelques amis connaissaient son intérêt pour la création musicale! Révélé au Festival international de la chanson de Granby en 1999, Steve se voyait décerner le prix du public à Petite-Vallée, l'année suivante et avait bientôt l'occasion de graver un premier DC pour la maison Tacca.

L'album était réalisé par Alain Quirion, du groupe Zébulon, et Carl Bastien. Des pièces comme "L'écrivaine" ou "Maniaco" y donnaient déjà la mesure de cet observateur impliqué dans la création au quotidien. Aussi à l'aise dans un environnement acoustique que supporté par le son des guitares saturées d'une scène surchauffée, il aborde alors avec une nouvelle fraîcheur des thèmes qui, sous d'autres plumes, pourraient sembler convenus: "Guernica", "Miss Ecstasy" ou "Junkie". L'album reçoit l'accolade du milieu artistique et compte parmi les coups de coeur de la critique tout en confirmant l'intérêt d'un nombre grandissant de fans. Il se produit notamment aux Francofolies de Montréal et lors de la soirée soulignant le 35e anniversaire Festival d'été de Québec en juillet 2002.

Entre deux prestations, Dumas écoute, compose et se rend voir d'autres artistes pour le plaisir de vivre l'événement. Conjuguant ses efforts avec ceux de Dany Bédar et de Vénus 3, il prend la route en leur compagnie l'hiver suivant pour la tournée Plateau en chansons 2003. Son second disque "Le cours des jours" paraît quelques semaines plus tard, une nouvelle fois en plein printemps. Cette fois, la réalisation est confiée entièrement à Carl Bastien qui est aussi l'un des musiciens fortement impliqués dans le projet.

Sans renier l'univers rock et pop de l'album précédent, les nouvelles pièces musicales y sont plus atmosphériques, presque-prog même dans les moments plus intimes qui évoquent l'improvisation comme "Je ne sais pas" ou lorsqu'il flirte avec le techno dans "Le désir comme tel", une collaboration signée Jérôme Minière. On y entend aussi le violon de Marie-Annick Lépine des Cowboys Fringants sur la très voyageuse "Avant l'aube". Un thème récurrent que le voyage, réel ou imaginaire: que ce soit vers "Vénus" (de voyage d'affaires en voyage à faire) ou en "Arizona"! À l'été 2003 on peut le voir aux FrancoFolies de Montréal où il remplit le Spectrum, tout comme au Festival d'été de Québec où il précède sur scène le retour des Rita Mitsouko. Autre prestation remarquable: une fin d'année au Centre Bell, à titre d'invité des Cowboys Fringants.

Au printemps 2004, Dumas surprend tout le monde en réalisant et lançant un mini-album hors-marché. C'est à dire que les quatre nouvelles chansons ne sont disponibles que sur son site web et lors de ses apparitions publiques, et non pas en magasin. Le titre même de cet essai, "Ferme la radio" est une affirmation de son penchant pour les nouveaux modes de distribution de la musique, ce qui ne signifie pas l'abandon total des voies traditionnelles: "Le cours des jours" étant en nomination à titre d'Album de l'année, dans la catégorie rock.

À l'automne, sa chanson "Tu m'aimes ou tu mens", interprétée en duo avec Isabelle Blais, membre du groupe Caïman Fou et comédienne dans le film "Les aimants" de Yves P. Pelletier, dépasse toute prévision et devient un immense succès radio tout en contribuant à faire de la bande sonore du film un des albums majeurs de l'année. Dumas et son compère Bastien, gagnent ainsi le Félix de la Bande sonore originale de l'année et un Jutra à titre de Meilleure musique de film.

Au moment où la musique des Aimants recueille des éloges pour ses orchestrations et son ambiance surréelle, l'auteur-compositeur-interprète prend un moment de recul, seul avec sa guitare, pour un spectacle solo intitulé Entre Vénus et Linoléum avant de reprendre la tournée Le Cours des Jours qui occupera presque toute l'année 2005. Cela ne l'empêchera pas de se faire le porte-parole de la tournée estivale du ROSEQ, de remporter le prix Rapsat-Lelièvre et de réussir une percée en France, sur les ondes des radios France Inter et OUI FM, tout en voyant certains de ses vidéoclips diffusés sur la chaîne M6. Il accompagne à nouveau ses amis des Cowboys Fringants pour une tournée européenne et se produit au Nouveau Casino de Paris en novembre.

L'année 2006 sera consacrée à la préparation de son troisième véritable album "Fixer le temps". Dans la veine de "Tu m'aimes ou tu mens", Dumas et ses complices Carl Bastien et Louis Legault proposent une douzaine d'esquisses mélodiques où les thèmes en transit, tels "Poste restante", "Au gré des saisons" ou "De station en station" constituent une trame commune et donnent à l'ensemble une certaine mélancolie. Les sonorités pop et le registre vocal qui n'est pas sans rappeler le phrasé d'un François Guy ou d'un John Lennon, dans leurs propos intimistes, donnent à l'album entier une texture fort agréable et, oserions-nous l'avouer, rassurante. Est-ce un hasard si l'enregistrement s'est fait sur matériel analogique, avec rubans, appareils à lampes et autres accessoires vintage? L'album paraît finalement fin novembre et se retrouve parmi les aspirants aux positions de tête au tournant de 2007, alors que s'amorce une nouvelle tournée québécoise et que se prépare un autre séjour européen pour Dumas le printemps suivant.

Encore une fois, ce tour du Québec durera plus d'un an, portée par le succès de la chanson "Au gré des saisons" et du vidéoclip qui l'accompagne. Sa participation au festival Osheaga en septembre 2007 le fait découvrir aux fans de Damien Rice, Feist et Smashing Pumpkins, entre autres participants à l'événement, quelques mois après qu'une présence au Festival Intendances ait fait voir le Québécois aux habitués de Paris-Plage. Ce séjour en France est aussi marqué d'une participation à la tournée européenne Tout écartillé, de Robert Charlebois.

De retour au pays, Dumas et son acolyte Louis Legault entreprennent un trip de studio qui donne lieu à de nouvelles créations dont les albums "Nord ", "Rouge" et "Demain" et "Au bout du monde", parus entre fin 2008 et septembre 2009, témoignent du processus créatif qui mènera à "Traces", le 1er décembre de la même année. La chanson "Le bonheur (rien ne nous arrêtera)", qui est entendue immédiatement sur les ondes et dont une version antérieure se trouvait sur "Au bout du monde" quelques semaines plus tôt, permet de constater l'esprit exploratoire qui avait cours