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Jean Leloup

"La question qui est sur toutes les lèvres concernant Jean Leloup : à quoi faudra-t-il s’attendre lors de son prochain spectacle, les 13 et 14 novembre au Métropolis, et surtout à l’Impérial de Québec les 27 et 28 novembre. On se rappelle que la dernière fois que Jean Leloup était à Québec, c’était lors du spectacle décrié par tous, l’automne dernier, au cours duquel il n’a cessé d’insulter son public. Il demeure que le dernier album de Leloup, Mille excuses Milady, lancé en avril dernier, propose des chansons rock et basées sur la guitare qui risquent de trouver leur place sur scène. On prend des nouvelles de l’homme qui est aussi imprévisible que ses spectacles. ** Biographie tirée de Québec info musique: (Québec info musique)
Impossible à cerner, inclassable, honnête homme à la façon des humanistes d'antan, Jean Leclerc , Jean Leloup, Massoud Al-Rachid ou encore Dead Wolf (!) a fait usage de ces multiples identités au cours des dernières décennies, en plus de fréquenter les muses à titre d'auteur-compositeur-interprète, cinéaste et romancier, apparaissant là où personne ne le cherche, pour le plaisir d'un public aventureux et pour le sien propre, bien entendu. Après avoir délaissé son pseudonyme pendant quelques années, Leloup refait surface, d'abord sur scène en 2008, et sur disque l'année suivante avec la parution de ""Mille excuses Milady"".

C'est après s'être fait remarquer au Festival de la chanson de Granby, en 1983, que Jean Leclerc adopte bientôt le nom de scène Jean Leloup. Une de ses premières apparitions publiques est alors sa participation au spectacle Starmania en 1986. Son prochain 45 tours et l'album ""Menteur"" font découvrir au grand public le nouvel enfant terrible du rock québécois. ""Alger"" et ""Bar danse"" sont les chansons qui résument cette phase initiale.

Il s'adjoint bientôt un groupe de musiciens permanents qu'il nomme La Sale Affaire. C'est en leur compagnie qu'il concocte un second album ""L'amour est sans pitié"" avec lequel il plonge dans l'univers du vidéoclip, particulièrement avec la chanson ""Cookie"" qui évoque les délires visuels de la fin des années 60. C'est toutefois ""1990"", une satire mordante de la guerre du Golfe, qui sera son coup de maître. Suit une période où il prend un certain recul face au milieu artistique, tout en participant à divers festivals en pays francophones.

Après cinq ans de cette discrétion médiatique, Jean Leloup lance ""Le Dôme"", son troisième album, à l'automne 1996. La chanson ""I Lost My Baby"" est bien accueillie et devient un nouveau tremplin pour cet artiste imprévisible, néanmoins devenu un repère pour une partie importante de la jeunesse québécoise. Leloup et son groupe de musiciens adoptent une attitude ouverte qui ne néglige aucun apport musical sans jamais verser dans quelque recette pré-établie.

Sur l'élan de la tournée qui suit de peu la parution du ""Dôme"", il enregistre une partie de sa performance au bar Le D'Auteuil à Québec, et annonce un album en spectacle pour l'année suivante. À la surprise générale, et pour le grand plaisir de ses fans, l'album ""Les fourmis"" est constitué surtout de nouvelles chansons.

Le chanteur-voyageur s'éclipse à nouveau et on en retrouve la trace successivement en Nouvelle-Zélande, puis en Micronésie, où on le dit en train de pondre un roman qui aurait pour titre Le tour du monde en complet. Il est ensuite question d'un projet d'émission spéciale destinée à la télévision d'état. Herbert au pays du Kunderwalt ou L'Univers fantastique de Jean Leloup voit le jour mais se voit refuser la diffusion télé, du moins dans le format original. Qu'importe, Jean Leloup reprend la route des festivals tout comme des petites salles et rafle le prix Miroir du public au festival d'été de Québec. À l'automne, il entreprend une mini-tournée commanditée par une méga-brasserie, en compagnie de Stefie Shock.

De retour dans sa tanière, il compose, prépare et réalise lui-même son cinquième album ""La vallée des réputations"", une production Roi Ponpon qui paraît à l'automne 2002. Sans coup d'éclat, il s'y livre sans façon, armé le plus souvent de sa guitare acoustique. Ses nouvelles chansons comme ""Paradis perdu"", ""La vallée des réputations"" ou ""Je suis parti"" sont dans des tons près du country ou du folk-song, dans la même veine dépouillée qui nous a déjà valu ""I Lost My Baby"" six ans plus tôt. Une veine qu'il dit organique et qu'il veut comme un antidote aux chansons trop modelées à qui il manque « la chaleur de l'imperfection », ce qui ne l'empêchera pas de récolter le titre d'Album rock de l'année, à la prochaine remise des Félix de l'ADISQ, en octobre 2003.

Mais il ne faudrait surtout pas identifier l'animal à un style musical particulier. Sur ce même album, il retrouve son mordant dans ""Le muse et le museau"" et peut aussi bien vous balancer une reprise de ""Petite fleur"" en solo, avec juste ce qu'il faut de swing, à des lieux de son image délinquante. À l'été 2003, c'est sous le nom de Jean Leloup Big Band qu'il entreprend une nouvelle tournée, son équipe incluant une section de cuivres et la présence de trois choristes avec qui il se produit au Métropolis à l'occasion des FrancoFolies de Montréal, en juillet 2003, puis au Nouveau-Brunswick et à travers le Québec pour le reste de l'année 2003. Ayant fait savoir qu'il s'agit de sa dernière tournée en tant que Jean Leloup, celle-ci prend des allures de célébration et fait salle comble à chaque endroit. Un aperçu de cette tournée peut être vu et entendu sur le coffret ""Exit"" qui est lancé au printemps 2004. Tout en confirmant la sortie de scène de son alter ego, la partie vidéo intitulée La mygale jaune ouvre la porte au cinéaste Jean Leclerc qui aspire à s'exprimer à travers ce nouveau média.

C'est cependant au rayon littérature qu'on retrouve notre homme en 2005... sous le pseudonyme de Massoud Al-Rachid. Noir destin que le mien - un roman atypique qui tient du conte philosophique - est ni plus ni moins qu'une Xième refonte de son projet Le tour du monde en complet, sous un autre nom. Sous les apparences d'un roman éclaté, l'auteur s'y montre un fin observateur des humains et des sociétés.

Mais si le chanteur s'éclipse un certain temps, ses chansons sont toujours présentes: Nanette Workman reprend ""I Lost My Baby"", Anik Jean ""Je suis parti(e)"". Cette dernière bénéficie également de la présence de Leclerc en tant que collaborateur et coréalisateur de son album ""Trashy Saloon"" à l'été 2005. Quelques mois plus tard, le fantôme du Loup (ou est-ce la silhouette d'un ange velu?) refait surface sur la pochette de l'album anthologique ""Je joue de la guitare - 1985-2003"" réunissant 21 chansons dont la rarissime ""Plein gaz"", réalisée naguère par Gilles Valiquette, et le thème de l'émission La fin du monde est à 7 heures, en plus d'un DVD de 10 clips vidéo, à la grande joie des fans et des disquaires.

Si, selon ses dires, son personnage, la gloire, les horaires et les courbettes du showbusiness, bref ce qui en fait un métier et une industrie, lui ont pesé à un certain moment, l'artiste n'en a pas moins gardé un penchant pour la musique à l'état sauvage et sa dégaine fascine toujours autant les nombreux médias. Lui-même ne peut résister au magnétisme de la guitare et, de temps à autre, lorsque l'inspiration lui vient, il se laisse aller à l'écriture. Il accumule ainsi textes, mélodies et quelques enregistrements témoins. Trois ans après avoir quitté le métier, quatre depuis le dernier album inédit de Leloup, Jean Leclerc retrouve donc le goût du studio mais s'y engouffre seul, maniant chaque instrument tour à tour. Le résultat ""Mexico"" paraît à l'automne 2006, sur son étiquette Roi Ponpon. Les effluves funky, country ou parfois néo-psychédéliques de l'album en font un objet hors du temps. Malgré les propos sombres de plusieurs textes, qu'ils soient plutôt récités ""Mexico"", ""Personne I"", ""Personne II"", ""Everybody Wants To Leave"" ou chantés ""Tangerine"", on y dénote un aspect ludique et décontracté. Ce ton sied aussi aux pièces instrumentales ""Cowboy Groove"", ""No Money No Home"". De quoi faire succomber la plupart de ses anciens fans et quelques nouveaux! Lui-même se laisse prendre au jeu et ne peut résister à l'envie de s'identifier au cadavre (qu'on suppose exquis...) de son ancien personnage, sous le nom Dead Wolf!

Cette ambiguïté ne dure qu'un temps et après quelques apparitions scéniques qui ne laissent personne indifférent, le nom de Leloup ressurgit sur la pochette de ""Mille excuses Milady"", au printemps 2009. La chanson ""La plus belle fille de la prison"" donne le ton à cette réincarnation du musicien, conteur et cinéaste en herbe. Une partie du livret de l'album est d'ailleurs consacrée à une mise au point en forme de pamphlet qui rappelle la vitalité intellectuelle et la verve littéraire de l'animal-artiste.
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Dans le monde de Jean Leloup