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JACQUES AUDIARD

Jacques Audiard, on peut le dire, a reçu l'amour du cinéma en héritage. Né le 30 avril 1952 à Paris, il est le fils du réalisateur et dialoguiste Michel Audiard et de Marie-Christine Audiard.

Après des études de Lettres interrompues, il se lance dans le cinéma. Jacques Audiard commence d’abord en tant que monteur et entame avec succès au début des années quatre-vingt l’écriture des scénarios de plusieurs films dont Mortelle randonnée en 1983 qu’il tourne avec la collaboration de son père, Réveillon chez Bob en 1984, Saxo en 1987, Fréquence meurtre en 1988, et Baxter en 1989.

Ce n’est qu’en 1994 que Jacques Audiard passe à la mise en scène avec le film Regarde les hommes tomber, avec Mathieu Kassovitz et Jean-Louis Trintignant. Ce film très personnel, comme le sera d’ailleurs tout le reste de sa filmographie, est une sorte de road-movie sombre. Il rafle le César de la meilleure première œuvre lors de la prestigieuse cérémonie dans son édition de 1995, ainsi que le prix Georges-Sadoul.

L’année suivante, Jacques Audiard fait à nouveau appel à Kassovitz et Trintignant (plus Albert Dupontel) pour son second long-métrage, une adaptation du roman de Jean-François Deniau, Un héros très discret sorti en 1996. Un héros très discret raconte histoire d’un homme que les circonstances de la vie post Seconde Guerre Mondiale vont faire passer pour un héros aux yeux de tous, y compris de la Résistance, mais pas à ceux de sa femme. Présenté à Cannes, il décroche le prix du meilleur scénario, confirmant les talents d’écriture du fils de Michel Audiard.

Passionné de musique, il a réalisé pour Alain Bashung son clip La nuit je mens pour lequel il obtient la Victoire de la Musique du meilleur clip en 1999. Il réalisera également un pour Noir Désir le clip de la chanson «Comme elle vient ». Ce dernier vidéoclip met en scène des acteurs muets, ne communiquant que par signes. Ce clip préfigure son travail sur Sur mes lèvres.

En 2001, sort son troisième film Sur mes lèvres. Avec Emmanuelle Devos et Vincent Cassel qu’il met en scène dans une histoire d’amour entre une femme sourde et un ancien repris de justesse. Son scénario - le seul film tourné à partir d’un scénario 100% original - remporte le César en 2002 et Emmanuelle Devos est sacrée de son côté meilleure actrice.
En 2003, il collabore avec le chanteur Raphaël et réalise son clip «Ô compagnons». Quelques années plus tard, il va aussi signer "Raphaël Live vu par Jacques Audiard" , un DVD (sorti en 2011) de live, d’entrevues, etc.

En 2005, Jacques Audiard revient sur le grand écran avec un grand succès De battre mon coeur s'est arrêté, un remake très personnel de Fingers (en français : Melodie pour un tueur) de James Toback. Le titre est tiré tout droit de la chanson La fille du Père-Noël de Jacques Dutronc. A 28 ans, Tom semble marcher sur les traces de son père dans l'immobilier véreux. Mais une rencontre fortuite le pousse à croire qu'il pourrait être le pianiste concertiste de talent qu'il rêvait de devenir, à l'image de sa mère. Sans cesser ses activités (du genre sortir d’un immeuble ses pauvres habitants en y foutant le feu ou cassant des jambes), il tente de préparer une audition. Une histoire psychologiquement violente et portée par un tandem éblouissant: Romain Duris et Niels Arestrup. Le film sorti une année faste (Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, La Chambre des officiers, La Pianiste, Chao) remporte huit César dont ceux de meilleur film et de meilleur réalisateur.

De Battre mon cœur s’est arrêté a été présenté en clôture du Festival du nouveau cinéma de Montréal en 2005. Manon Dumais dans Le Voir (27 octobre 2005) écrivait d’ailleurs : «Le sujet du film ainsi que son rythme très américain ne sont pas sans rappeler L’Audition de Luc Picard.

Pour les besoins de l’adaptation, Audiard et Tonino Benacquista ont transposé l’action de New York à Paris, et les mafieux sont devenus des magouilleurs du monde de l’immobilier, univers exploré par le réalisateur et son coscénariste dans Sur mes lèvres.»

En 2008, se forme le Club des 13, groupe rassemblant treize personnalités du cinéma français dont Treize professionnels du cinéma, dont les réalisateurs Jacques Audiard, Pascale Ferran et Claude Miller. Ils lancent treize propositions pour relancer et améliorer le système cinématographique français. (http://www.lexpress.fr/culture/le-club-des-13-passe-a-l-action_471530.html)

En 2009, il réalise Un prophète, qu'il présente au Festival de Cannes et qui remporte le Grand Prix. Un prophète: sorti en 2009, ce long-métrage raconte l’histoire d’un jeune délinquant condamné à six années de prison et qui, dans l’établissement pénitentiaire où il est placé, évolue sous la protection de César Luciani, un Corse qui fait la pluie et le beau temps derrière les barreaux, sous l’œil bienveillant des gardiens. Malgré une certaine violence, Un prophète séduit d’emblée le public et la profession, notamment dès le Festival de Cannes où il décroche le Grand Prix du Jury, alors qu’il était cité pour la Palme d’Or. Aux côtés de Niels Arestrup, une fois de plus exceptionnel, il révèle un jeune acteur sur lequel il faudra désormais compter: Tahar Rahim. Le film récolte une pluie de récompenses, notamment neuf César dont ceux de meilleur film et meilleur réalisateur, et représente même la France aux Oscars. Un prophète inscrit définitivement Jacques Audiard au Panthéon des réalisateurs qui comptent en France.

En 2010, le British Film Institute lui consacre une retrospective, Jacques Audiard and the French Thriller. Fait intéressant, les journalistes anglos semblent apprécier son travail. Le Guardian publie de longues entrevues. Le New York Time donnait 4 étoiles à De battre mon cœur…

En 2012, il retrouve la Croisette pour présenter son plus récent film : De rouille et d'os avec Marion Cotillard.

Sources : Gala.fr, Allô Ciné, IMDB

Jacques Audiard est De rouille et d’os!